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Des flashs

Friday, November 17th, 2006

Un jour, un ami priait pour les gens à la fin de la réunion. Ce jour-là, sa femme prenait des photos.

Plus tard, un des jeunes hommes pour qui le pasteur avait prié est venu -un peu perplexe ou plutôt émerveillé- pour parler avec celui-ci.

« Pasteur, quelque chose d’étrange est arrivé pendant que vous priiez pour moi. Mes yeux étaient fermés, mais il y a eu comme un flash, un éclat de lumière. Que pensez-vous que c’était ?

Mon ami était probablement tenté de donner une explication super spirituelle mais il dut lui dire que c’était probablement le flash de l’appareil de photo de son épouse.

N’avez-vous jamais perçu quelque chose qui vous arrivait comme un flash ? Je ne parle pas à vous, les femmes au-dessus de la cinquantaine. « Ah, mon ami. Vous ne savez pas. Parfois je pensais tout d’un coup que j’allais étouffer. Quelle chaleur ! »

Non, je ne parlent pas des bouffées de chaleur qui arrivent soudainement, mais d’un « flash » quand tout d’un coup vous voyez quelque chose que vous n’aviez jamais vu auparavant.

Cela m’est arrivé une fois quand j’étais encore pasteur au Luxembourg. J’avais prêché sur notre besoin de pardonner les autres, et j’avais noté que sur la Croix Jésus avait dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (le Semeur) à ceux qui ne lui avaient même pas demandé.

Après la prédication, André, un de mes amis, a dirigé la Sainte Cène et il rajouta un verset qui m’a bouleversé. Il nous rappela ces mots du Seigneur Jésus : « Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges … Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande. » (LSG)

Flash! Jesus allait offrir son sang sur l’autel du temple du ciel. Il fallait qu’il fasse ce qu’il avait dit.

Ces soldats, durs à cuire, ceux-là même qui ont parié entre eux pour ses vêtements comme des chiens qui se bagarrent pour un os où reste un petit morceau de chair ? Il leur a offert le pardon !

Et ces prêtres arrogants, se moquant et partageant des commentaires ironiques aux dépens du Sauveur mourrant ? « Recommande-toi à l’Éternel ! L’Éternel le sauvera, Il le délivrera, puisqu’il l’aime … » ils raillent sans être conscients de répéter les mots écris du Messie dans sa souffrance en Psaume 22 :9. Le pardon pour eux ? Jésus l’a offert…

Une petite parenthèse ici. Je ne crois pas qu’il y ait quelque chose qui me fâche davantage dans cette histoire que ces prêtres moqueurs. « Il a sauvé les autres; qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ, l’élu de Dieu! » (Semeur)

Juste là, j’aurais été terriblement tenté de dire : « Attends ! Temps mort, Père ! » Puis je serais descendu de la Croix, tout en saisissant un de ces prêtres de « l’ordre de la grande bouche » par le devant de sa robe. Je l’aurais levé jusqu’à ce que ses pieds soient suspendus au-dessus de la terre, et je l’aurais giflé trois ou quatre fois tout en grognant : « Vous ne savez vraiment pas avec qui vous avez affaire, mon petit gars ».

Puis je serais remonté sur la Croix pour terminer le travail.

Il aurait pu le faire. Il aurait pu appeler dix mille anges pour réduire tous ces ennemis au néant. Mais il ne l’a pas fait. Il leur a offert le pardon.

Il gardait un cœur pur devant le Seigneur pour qu’il puisse accomplir l’œuvre de la Croix. S’il avait détesté ceux qui le crucifiaient, est-ce qu’il aurait pu offrir son don, son sang dans le temple du ciel ?

Je me demande si des attitudes de manque de pardon ne m’empêchent pas d’être aussi efficace pour le Seigneur que je le pourrais. Puis-je servir efficacement dans le Royaume du Seigneur si je suis toujours fâché avec un frère ? Est-ce que la douceur de l’amour du Seigneur peut vaincre une racine d’amertume que je garde en moi, une racine qui refuse le pardon à quelqu’un qui m’a fait du mal ?

En fait, le manque de pardon m’empêchera toujours d’être tout ce que Dieu désire que je sois. Le pardon est tout aussi important pour moi que pour la personne qui le reçoit. Cette personne peut refuser mon pardon. Plusieurs d’entre les personnes qui entouraient la Croix refusèrent le pardon du Seigneur.

Mais il a été offert.

C’est sérieux. Il est facile de parler du besoin d’être comme le Seigneur, mais le pardon est dur et parfois je dois revenir encore et encore au Seigneur parce que mes émotions veulent reprendre la bataille.

Quand c’est possible (et souvent ça l’est), nous avons besoin d’aller vers l’autre personne et nous devons essayer de régler
l’affaire entre nous. Cela ne veut pas forcement dire qu’elle a raison, cette autre personne. Cela veut dire qu’une attitude qui manque de pardon nous donne tort, à nous aussi, même si nous avons reçu des blessures.

Une femme qui a souffert,Fabiola Briones, parle d’une guérison que le Seigneur lui accorda dans une réunion : « C’est comme si une main est entrée en moi et j’ai senti que Dieu arrachait les racines. Je sais maintenant que c’étaient des racines d’amertume. J’ai pardonné mon ex-mari, et j’ai été guérie d’abus. »

Que Dieu nous donne, pas seulement un « flash » pour reconnaître cette vérité mais aussi la puissance du Saint Esprit pour la mettre en action dans notre vie.

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