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Le Berger de l’Autobahn

Friday, August 15th, 2008

Pour voir quelques photos de l’aventure décrite dans cette histoire, http://picasaweb.google.com/davidporter55/SheepOnAutobahn

Ecoutez aussi le nouveau podcast sur le leadership avec Claude Huot. Son témoignage est bien encourageant
: à droite

Le Berger de l’Autobahn (Autobahn = autoroute en allemand)

Ca vous intéresserait peut-être d’apprendre que j’ai commencé une deuxième carrière, à coté de ce que je faisais déjà : je suis devenu berger ! Mais pas n’importe quel berger ; je garde mes troupeaux sur l’Autobahn en Allemagne.

J’explique.

Récemment nous étions au Luxembourg pour remplacer un pasteur en vacances. On en a profité pour visiter des lieux que nous aimions bien par le passé. Quand nous habitions le Grand Duchy, nous aimions traverser la frontière en Allemagne et puis suivre la rivière Moselle de la ville de Trèves à celle de Cochem.

La Moselle erre dans une vallée pittoresque de vignobles, de forêts, et de vieux villages, certains avec des bâtiments qui datent d’il y a plus d’un demi millénaire, voire plus. C’est un peu comme si vous voyagiez dans un conte de fée.

Cette fois-ci nous avons décidé d’aller directement à Cochem, d’y passer la nuit, et puis de suivre la rivière sur notre chemin au retour. Voilà comment nous nous sommes retrouvés en train de foncer sur l’Autobahn, quand soudain la circulation ralentissait, puis s’est arrêtée.

Mais quel était le problème ? Un peu plus loin sur la route nous étions choqué d’apercevoir un petit troupeau de brebis sur la route de notre coté. Quelques secondes de plus et il y aurait peut-être eu des côtelettes d’agneau volant dans tous les sens (mélangées avec des enjoliveurs et des rétroviseurs de voiture).

Maintenant elles se recroquevillaient l’une contre l’autre apeurées tandis que les voitures s’étaient arrêtées juste devant elles. Je me suis approché puis mis à coté de la route pour essayer d’aider ceux qui tentaient de les diriger vers les barrières de sécurité.

Le problème était que ces têtes en l’air poilues ne saisissaient pas qu’elles pouvaient se baisser un tout petit peu et passer sous la barrière de sécurité, tout comme elles avaient fait pour entrer dans cette zone dangereuse.

Une des mes collègues parmi les bergers téléphonait et m’a baragouiné quelque chose en allemand. J’ai un large vocabulaire en allemand : il se limite au mot « Ja » et je l’utilise beaucoup en secouant ma tête pour insister sur ce « oui » quand je suis en Allemagne !

Non, en réalité, je comprends un peu plus de mots que cela. Je crois qu’elle téléphonait à la police et elle me demandait si une certaine ville était la plus proche de notre sortie. J’ai répondu que je ne savais pas : « Ich weiß nicht » ou quelque chose comme ça.

Enfin, le travail a été accompli et nos intrus poilus sont passés de l’autre coté de la barrière. J’avais presque le sentiment d’être dans le film « Babe ».

« Bon travail, cochon ! »

Vous savez ce qui m’étonnait dans tout cela ? C’était que les gens dans toutes ces voitures qui devaient nous attendre l’ont fait avec patience pendant que nous faisons notre travail de berger. Pas de klaxon. Pas de cris. Pas de signe d’impatience.

Ils semblaient avoir beaucoup de compassion pour ces pauvres brebis perdues. Mais je vous demande, ces brebis, étaient-elles si dignes de compassion que cela ?

Après avoir repris le voyage, nous avons vu un peu plus loin, de l’autre coté de l’Autobahn, un énorme troupeau de brebis. C’est sans doute de là que provenaient nos petites bêtes. J’essayais d’imaginer ce qui s’était passé.

« Hep, les gars. Nous n’allons jamais trouver de l’herbe fraîche ici », a peut-être même dit un des rares leaders parmi eux. « Il y a des milliers de brebis ici. Et les autres marchent continuellement sur mon herbe. C’est dégoûtant. Moi, je fiche le campe !».

« Etes-vous sûr que c’est permis ? » lui demandent neuf autres brebis, tout près, qui l’entendent.

« Bien sûr. J’ai vu une ouverture qui mène aux meilleurs pâturages que vous ayez jamais vu un peu plus loin. Venez. Suivez-moi. Nous partons pendant que personne ne nous regarde.

« Bon, si vous le dites ».

Et voilà dix brebis qui s’éloignent furtivement de la multitude. Marche, marche « baaaa ! » « Tais-toi ! » Marche, marche.

« Baaaa ! » « Tais-toi, j’ai dis ! »

Jusqu’à ce qu’ils passent sous l’Autobahn et arrivent où vous savez. Je vous le demande : la sottise mérite-elle notre compassion ?

Mais malheur aux touristes

Quand nous sommes enfin arrivés à notre destination, j’ai vu un autobus de tourisme qui était manifestement perdu et qui avait tourné dans une rue étroite. La circulation était partiellement bloquée et au moins deux conducteurs de voiture ont klaxonné un « biiiip ! » impatient en doublant difficilement le conducteur d’autobus perdu.

« Les gens ont plus de compassion pour les brebis que pour les êtres humains » ai-je fait remarquer à mon épouse.

Malheureusement, c’est souvent vrai. J’ai récemment lu un article qui parlait de la manière cruelle avec laquelle certaines animaux sont élevés avant d’être tués pour notre table. J’étais d’accord avec les propos de l’auteur, mais je ne pouvais pas m’empêcher de penser que ce même homme aurait été favorable au « droit » de prendre la vie des enfants pas encore nés. Hmmm…

Des hommes sont touchés quand ils voient une dame qui pleure de frustration dans un film mais ils explosent avec colère quand c’est leur propre femme qui pleure. Certaines femmes sont toujours disposées à donner une deuxième chance à leur vedette de cinéma préférée, mais elles n’accorderont pas la même faveur à la personne avec qui elles ont promis de partager leur vie.

Certains sont tout sourire au travail et tout grimaçants à la maison.

Nous souffrons d’une compassion sélective. Je suis content que Dieu ne soit pas comme cela. Il veut exprimer son caractère à travers nous :

« Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous. Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ. » ( Eph. 4 :31-32)

« Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. » (Col 3 : 12, 13)

Si vous vivez ainsi vous serez plus intelligent qu’un mouton.
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Hmmm…umm

« Nous regardons nos montres ; Dieu regarde le calendrier. »
Andy Stanley.