L’auto-stoppeur
Friday, June 25th, 2010
En règle générale je ne prends pas de personnes en auto-stop, mais ce jour-là j’ai fait une exception.
Après avoir participé à un mariage je faisais le plein d’essence au Luxembourg, me préparant de rentrer en France. Un jeune homme allait vers les voitures à l’arrêt, immatriculées en France pour demander qu’on le prenne pour aller à Paris.
J’allais faire un bon bout du chemin, alors, pourquoi pas ? C’était un brésilien qui étudiait à Paris et qui avait voyagé beaucoup en Europe cet été-là. Il était expert pour persuader les gens de le prendre en voiture et je m’étonnais des endroits qu’il avait pu voir en faisant du stop.
Nous avons parlé du Seigneur et j’ai partagé Christ avec lui. Quelque part dans notre conversation, il a mentionné qu’il avait perdu ses lunettes et qu’il devait en acheter de nouvelles en arrivant à Paris.
Il est descendu à Reims, à environ deux heures de sa destination et moi, je suis allé vers Hautvillers. Il a continué sur l’autoroute.
Plus tard, j’ai cherché mes lunettes de lecture. Elles n’étaient pas là où je croyais les avoir laissées. J’ai cherché partout dans la voiture et rien ! Je les avais payées plus que je n’aurais voulu et je ne voulais surtout pas les perdre.
Puis, je me suis souvenu que le jeune homme avait dit qu’il avait besoin de nouvelles lunettes. J’étais fâché car, bien que je ne sois pas sûr, il me semblait logique qu’il les avait vues sur le siège de la voiture et les avait prises avec ses affaires.
« Quelle bonne manière de dire ‘merci’ » j’ai pensé avec écoeurement. Je ferai plus attention la prochaine fois. »
Il y a quelques samedis de cela, j’étais à Belfort dans l’est de la France pour prêcher. J’attendais le pasteur sur le parking de la gare et j’ai fouillé dans la boite à gants, cherchant quelque chose. Evidement, j’ai creusé plus profondément que je n’avais fait depuis neuf mois parce que là, tout au fond étaient … tah, dah, tah, dah, ta dum … mes lunettes de lecture !
J’avais deux réactions : l’une de joie parce que les lunettes m’avaient coûté environ 200 euros mais l’autre réaction était la honte. Dans mon esprit, j’avais blâmé l’étudiant brésilien pendant neuf mois et il n’y était pour rien.
Combien de fois sommes-nous coupables d’être juge, jury et bourreau pour les autres ? Nous jugeons leurs motivations. Nous pensons savoir ce qu’ils pensent. Nous sommes susceptibles et nous nous mettons en colère sans comprendre ni la personne ni sa situation. Étant donné que les choses semblent être comme ça, nous supposons que c’est vrai et nous agissons en conséquence.
Vous vous êtes jamais posé la question : pourquoi Dieu nous a-t-il défendu d’adopter la vengeance ? Le vengeur prend la place de Dieu. Il pense qu’il connaît parfaitement la situation et qu’il est capable de rendre justice. Quelle arrogance!
Je ne peux pas le faire. Et vous ? Ca fait longtemps que je n’ai pas regardé dans le coeur de quelqu’un.
Il y a une autre raison pour laquelle nous ne devons pas faire preuve de vengeance. Même si nous avons raison en ce qui concerne les torts de l’autre, combien de fois avons-nous eu tort, nous ? N’avons-nous jamais blessé un autre ? Avons-nous mérité la punition de Dieu ? mais il nous a offert sa grâce.
Si la réponse à cette dernière question est « oui », comment puis-je décider de punir une autre personne par mes actions ?
« N’insistez pas sur la vengeance ; elle n’est pas pour vous à prendre. ‘ C’est moi qui jugerai, dit Dieu. Je vais m’en occuper.’ Les Ecritures nous disent que si vous voyez votre ennemi affamé, allez lui acheter un repas, ou s’il a soif, donnez-lui à boire. Votre générosité le surprendra avec bonté. Ne soyez pas vaincu par la méchanceté, mais vainquez la méchanceté en faisant du bien. » (Rom. 12 :19-21, version le Message)
Désolé mon jeune ami. Je vous ai mal jugé.
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Hummm ...
“Dans la prière il y a une connexion entre ce que Dieu fait et ce que vous faites. Vous ne pouvez pas recevoir le pardon de Dieu, par exemple, sans toutefois pardonner aux autres. Si vous refusez de faire votre partie, vous vous coupez de la partie que Dieu fait.” (de Mathieu six, version le Message)