Jalouser les vaches?
Saturday, September 20th, 2008Nous commençons enfin de nous sentir chez nous dans notre petit village d’Hautvillers. Ce n’est plus la région Parisienne, où nous étions, et ce n’est pas si loin de Reims où nous travaillons quand nous ne faisons pas de missions ailleurs.
Après notre emménagement j’ai appris que Hautvillers était assez célèbre. Dom Pérignon, qui est censé avoir inventé le champagne, habitait ici et il est enterré dans l’église du village. Le vignoble grimpe des côtes de la rivière Marne montant vers nous et à cette époque de l’année les côtes des collines chantent sur leur fardeau de raisins.
Cette semaine la vendange a commencé.
Nous entendons des langages des différents pays des touristes qui se promènent à droite et à gauche dans le village.
Un jour en revenant de la boulangerie avec ma baguette, j’ai entendu des gens qui parlaient l’anglais avec un accent américain. Je leur ai parlé et j’ai appris qu’ils faisaient partie d’un tour. Ils avaient une question pour moi.
“What’s it like to live in a village (like this)?” « Comment c’est de vivre dans un village comme celui-ci ? »
Je savais ce qu’ils pensaient. Les rues étroites et les vieilles façades des bâtiments donnent à notre village un aspect très pittoresque. Des fleurs de toutes couleurs apparaissent partout en été et en automne.
Ils croyaient, je suppose, que je vivais une existence « à la Ernest Hemmingway* »—sirotant des expressos sous la véranda, pendant qu’en fond, Edith Piaff chantonne La Vie en Rose. (*Hemmingway était un écrivant Américain du siècle dernier qui vécut quelques années en France).
Je suppose que je les ai déçus, parce qu’il semble qu’ils croyaient que ma vie était un peu idyllique. A leur question j’ai répondu « ça va » . A cette époque-là j’avais des problèmes pour accéder jusqu’à la maison car j’avais toujours peur de devoir reculer ma voiture dans la longue allée étroite pour stationner ma voiture dans la cour.
Il y a du pour et du contre… On envie toujours la vie des autres, n’est-ce pas ?
Dernièrement, j’étais à un week-end dans la campagne avec d’autres de notre église pour une retraite. La température était presque parfaite pour ma promenade dans les champs tout près du centre qui nous accueillit. Je fus intrigué quand ma route me fit passer tout près d’un troupeau de vaches couchées sur un lit de verdure, mâchonnant de l’herbe.
« Voilà la belle vie » j’ai pensé,regardant mes potes bovins pendant qu’elles me regardaient avec méfiance. « Rien à faire que de s’allonger dans le soleil et manger. Pas de factures, pas de problèmes particuliers. L’après-midi vous vous relevez pour chercher l’ombre d’un arbre, faire votre rot et ruminer ce que vous avez mangé le matin. »
Mais après, en y pensant, je crois que mon attitude n’était pas si intelligente que cela. « David, tu envies une vache ? » Hmmm. J’étais pire que le touriste qui croyait que je vivais la vie d’Ernest Hemmingway.
« Si tu crois vraiment que leur vie est si bien que cela, tu n’as qu’à grimper la clôture, t’allonger à coté d’elles et mâcher un peu d’herbe toi-même. Il n’y a personne qui t’en empêche. »
Ah. J’imagine que cette affaire de vache n’est pas si agréable quand il fait froid ou quand le fermier décide de te vendre au marché. Ils feront du boeuf haché de toi et tu finiras noyé dans la mayonnaise du Big Mac d’un garçon quelque part.
Après un peu de réflexion, je crois que je m’en passerai de la vie d’une vache, merci.
La vie de l’autre semble toujours mieux, mais si vous saviez vraiment. Nous les êtres humains, nous avons tendance à nous apitoyer dans n’importe quelle situation. Regardez ce bonhomme-là qui vit dans un château et qui roule en Porsche—qui fait des grosses dépressions à cause de sa vie difficile.
Je crois que le Seigneur veut que nous apprenions à être joyeux en Lui. Comme ça, si nous sommes dans un vieux village, dans un champs, dans une prison, ou dans un palais, nous pouvons connaître la joie. Paul écrivait d’une cellule de prison :
« Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur; je le répète, réjouissez-vous. » Phil. 4:4
Comment vous réjouir dans le Seigneur ? Enlevez vos yeux des circonstances pour un moment, soit des bonnes circonstances ou des mauvaises et commencez de penser à ce qu’il a fait pour toi. « Pratiquez sa présence » comme un homme l’a décrit.
Chantez ! Ca se peut que votre voisin ne se réjouisse pas de votre chant, mais qu’ importe ? C’est son problème. Chantez au Seigneur. Lui, il croit que c’est beau, tout comme un parent écoute avec joie son enfant qui scie sur un violon pour la première fois. Il s’approche pour l’écouter.
Refusez de permettre que la dépression ou les blues vous tirent dans cette marée grise qui suce toute la joie de vos jours. « Réjouissez-vous ! » Savez-vous qui est le sujet de cette phrase ? Vous ! « Vous réjouissez » !
Echanger sa place avec une vache n’améliore pas votre vie. Ni même si tu envies un pasteur qui habite un village français—lui, il souhaiterait probablement voir plus souvent ses petits-enfants qui se trouvent à des milliers de kilomètres, loin de son village.
Là, où vous êtes, réjouissez-vous dans le Seigneur et croquez la vie que Dieu a destiné pour vous à pleines dents.
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« Vous pouvez savoir ce qui est dans le coeur d’une personne en écoutant ce qui sort de sa bouche. » Andy Stanley